"Sloane sortit de prison trois jours avant son soixantième anniversaire. Trois ans pour escroquerie réduits à deux ans en appel. Six mois à Brixton, le reste à la prison ouverte de Ford. Sec et mince de nature, Sloane était ressorti en meilleure forme qu'à son incarcération". Il y était entré pour faux tableaux, une arnaque avec un gallieriste vendeur d'art que Sloane n'avait pas dénoncé lors de son procès et "qui lui revaudrait ça"… Le seul hic, à sa sortie, l'état de son appartement soumis à trois ans de squatt durant son absence… Armé de courage et de détergeant, Sloane commence à remettre tout ça en forme lorsqu'au milieu des prospectus, il retrouve une lettre vieille de quelques mois. Arrivée pendant son absence, elle vient d'Italie et est de Jane Graham, artiste peintre mondialement connue qui fut sa petite amie quarante ans auparavant, disparaissant sans jamais lui donner de nouvelles. Atteinte d'une leucémie, Jane va mourir et lui demande de venir à son chevet. Là elle lui avoue que Connie, sa fille dont elle n'a plus de nouvelles depuis 10 ans et qui vit aux Etats-Unis, est aussi la sienne. Elle lui demande de partir à sa recherche pour lui avouer la vérité…
L'avis du libraire
Navigant entre l'Angleterre, l'Italie et les Etats-Unis, sur un air de jazz et fond de peinture, "Couleur franche" est tout simplement somptueux. On se demandait ce que nous réservait John Harvey sans Charlie Resnick, le moins qu'on puisse dire c'est qu'on est pas déçu. Cela fait longtemps qu'on vous vante les qualités de John Harvey, qu'on épuise les superlatifs à chaque sortie d'un nouveau Resnick et bien là, il va falloir se surpasser car, et je ne pensais pas que ce serait possible, "Couleur franche" est encore au-dessus. Puissance de l'écriture, émotion qui ressort, qui se densifie et s'intensifie au fur et à mesure que l'intrigue avance, personnages admirablement campés… rien ne manque à ce livre qui est un grand cru de roman noir.