|
Voici quelques petites pistes,
bien évidemment subjectives et surtout pas exhaustives
Et bien dans un premier temps,
quitte à enfiler des perles, on va y aller tranquillement avec
quelques français. Un petit Vargas, pour débuter, ça
ne peut pas faire de mal. Fred
Vargas écrit bien, ses histoires sont bien ficelées,
ses personnages généralement hors-normes et attachants
Alors, jetez un il à "L'homme à l'envers",
avec une formidable poursuite dans le Mercantour, ou "Pars vite et
reviens tard", un opus des aventures du si particulier commissaire
Adamsberg.
"Ambernave", de
Jean-Hugues Oppel ne peut
que vous faire du bien
C'est un magnifique polar, sur les traces
de Steinbeck, qui se déroule dans le port d'Ambernave
vous
m'en direz des nouvelles
Port toujours, mais celui-là de Marseille, avec "Une
belle ville comme moi", d'Annie
Barrière, vous serez conquis. Un livre calme et posé,
loin des "pagnolades" contemporaines du polar marseillais, une
écriture soignée et un privé attachant, tels sont,
entre autres, les ingrédients de cet excellent premier roman.
Une excellente entrée en matière peut aussi se faire avec
"La comedia des ratés", à mon avis le meilleur
livre de Tonino Benacquista. C'est beau, c'est grand, le final italien
est à vous couper le souffle
Benacquista, lorsqu'il faisait
du polar, était l'un des meilleurs stylistes du genre. Vous pouvez
aussi foncer sans problème sur "Trois carrés rouges
sur fond noir".
Grand styliste aussi, grand artiste (il fait de magnifiques toiles), Pascal
Garnier, qui écrit généralement de courts romans
diablement noirs. Mon préféré, "Trop
près du bord", même si la pauvre d'Eliette, sympathique
veuve retraitée qui commence juste à reprendre goût
à la vie, se fera avoir de fond en comble.
Si avec tout ça vous ne trouvez pas votre bonheur, essayez le chantre
du roman populaire, Jean-Bernard
Pouy, avec "RN 86", magnifique quête amoureuse le
long du pont du Gard, ou "La Belle de Fontenay", avec Enric,
ce vieil espagnol sourd, amoureux de son jardin
Si vous ne connaissez pas Didier
Daeninckx, il est certain qu'il vous reste des choses à découvrir.
Vous pouvez sans problème lire "Cannibale"
et "Le retour d'Ataï", saga de quelques kanak qui commence
lors de l'Exposition Coloniale de 1931, ou son livre le plus connu "Meurtre
pour mémoire".
Manotti Le "Sombre sentier"
de Dominique Manotti,
qui se passe dans le sentier, à Paris, lors de la grève
des milliers de clandestins qui manifestèrent pour leur régularisation
est un petit bijou, pourquoi s'en priver? Tout comme les "Mygale",
"La bête et la belle"
ou "le dernier somptueux"Ad Vitam aeternam" de Thierry
Jonquet.
Stéphanie Benson
et Hughes Pagan sont d'excellents
stylistes, mais méfiez-vous, leurs livres sont particulièrement
noirs. Mais pourquoi ne pas essayer "Cavalier seul", premier
volet d'un quatuor apocalyptique de Stéphanie ou de "Dernière
station avant l'autoroute" de l'ancien commissaire (un des rares
flics qui se soit, judicieusement, lancé dans le polar) Pagan
Et Izzo, me direz-vous?
Et oui, bon début
mais contentez-vous des deux premiers volets
de sa trilogie marseillaise. Lisez-les dans l'ordre, ce qui nous donne
Total Khéops, pour
mettre les personnages en place et Chourmo,
le meilleur
N'allez pas plus loin, vous seriez déçus
passez donc à autre chose
Et les étrangers? Ne sauraient-ils pas faire de polar?
Mais si, bien évidemment, sauf que le problème est que le
choix est encore plus vaste. Alors, comme c'est juste un début,
ne prenons pas trop d'auteurs.
Avec l'anglais John Harvey,
pas de problème, chaque opus des aventures de Charlie Resnick,
inspecteur profondément humain, est une merveille. Tout comme l'excellent
"retour après la
nuit" de Bill James.
Donald Westlake, un des
doyens du roman noir américain est encore particulièrement
alerte, en témoignent les très noirs "Le
Couperet" sur le monde du travail ou "Le
contrat" sur celui de l'édition. Sous le pseudonyme de
Richard Starck, il publie
les étonnantes aventures du mythique gangster Parker qui vit pour
le cambriolage parfait, vous pouvez foncer sans crainte sur "Comeback"
ou "Backflash"
Et, de nouveau sous le nom de Westlake, n'oubliez pas les aventures délirantes
de Dortmunder telle "Mauvaises Nouvelles" qui vaut son pesant
de cacahuètes.
Carlo Lucarelli est une
star du "giallo", le polar italien actuel. Il écrit des
romans noirs ayant trait à la sombre période de la seconde
guerre mondiale et "L'île
de l'Ange déchu", tout comme "Guernica"
sont somptueux.
Un des papes du roman noir espagnol, le meilleur à mon goût,
Fransisco Gonzalez Ledesma.
Là, c'est comme avec John
Harvey, vous pouvez tout acheter les yeux fermés, avec une
préférence pour "Soldados", ou "Los
Simbolos".
Les livres de James Sallis
sont grands, sont forts, sont beaux. Les aventures Lew Griffin sont un
régal. A lire dans l'ordre ou dans le désordre, mais à
lire intégralement.
Voilà, si tout cela ne suffit pas, il vous reste la sélection
pour aller musarder, et vous pouvez toujours me passer un mail.
Bonne lecture.
|